Le foncier logistique en Île-de-France occupe une surface équivalente à celle de la ville de Paris

Pour parvenir à cette estimation, le service connaissance et développement durable (SCCD) de la DRIEAT a cherché à quantifier le foncier occupé par la logistique en Île-de-France sur ces dix dernières années. Cette étude révèle plusieurs tendances de l’activité logistique :

  • son développement se poursuit à un rythme soutenu, comparativement aux activités d’autres natures
  • elle se déplace vers la périphérie de la région
  • ses besoins fonciers sont de plus en plus spécifiques : elle est peu à peu évincée des ZAE mixtes et se développe de plus en plus dans des secteurs dédiés
  • elle reste concentrée, mais les polarités évoluent pour accueillir son développement : extension géographique de certaines polarités "historiques", émergence de nouvelles polarités, etc.

Ces dynamiques sont mises en évidence dans les deux Fiches Repère et illustrées par la carte dynamique ci-dessous.

Plus spécifique et plus périphérique : le foncier logistique en Île-de-France de 2012 à 2021

En 2021, la région Île-de-France totalise 7 251 ha d’emprises vouées entièrement à la logistique et 9 449 ha d’emprises « mixtes » vouées partiellement à de l’activité logistique. Entre 2012 et 2021, les emprises « 100 % logistique » affichent une hausse de 109 ha/an alors que les emprises vouées partiellement à la logistique diminuent. En 2021, plus de 60 % des emprises vouées entièrement ou partiellement à la logistique sont situées au-delà de la Francilienne. Les territoires logistiques (zones de concentration de l’activité logistique au nombre de 11 en Ile-de-France) concentrent 72 % de ces emprises. La moitié des emprises logistiques apparues entre 2012 et 2021 se sont développées en dehors d’un territoire logistique.

Pourquoi distinguer les emprises « partiellement » et « entièrement » vouées à la logistique ?

Le foncier logistique a été identifié à partir du Mode d’occupation du Sol (Institut Paris Région), nomenclature en 81 postes. Or celle-ci distingue :

  • D’une part les zones d’entreposage à l’air libre (poste 46) et les entrepôts logistiques (poste 47) : ces emprises sont explicitement vouées « entièrement » à la logistique (ou qualifiées de « 100% logistique »).
  • D’autre part, les grandes emprises industrielles (poste 44) et les zones d’activité économique (poste 45) : ces emprises ne sont vouées que « partiellement » à la logistique (on les qualifie de « zones mixtes ») puisqu’elles peuvent accueillir d’autres activités.

Dans ces deux dernières catégories, une méthodologie plus fine est donc nécessaire pour distinguer la part de la logistique qui y est consacrée.

La mobilisation d’autres bases de données pour estimer la part occupée réellement par la logistique dans les « zones mixtes »

Pour caractériser plus finement le foncier occupé par la logistique, la DRIEAT propose une estimation de la part réellement occupée par le foncier logistique au sein des emprises dites "mixtes" (ZAE et grandes emprises industrielles). Elle s’appuie, notamment, sur la base de données des fichiers fonciers de la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP), retraitée et enrichie par le CEREMA depuis 2009.

À l’échelle régionale, la part du foncier occupé par la logistique dans les « zones d’activités économiques » (ZAE) est alors estimée à 35 % et à 4 % dans les « grandes emprises industrielles ». Ainsi, la DRIEAT estime que la région totalise 9 739 ha d’emprises occupées réellement par la logistique en 2021, soit près de 1 % de sa superficie.

Une cartographie dynamique des différents types d’emprises logistiques

La carte dynamique ci-dessous permet de visualiser en détail (à l’échelle communale) les emprises vouées entièrement et/ou partiellement à la logistique (zones d’entreposage à l’air libre, entrepôts logistiques, grandes emprises industrielles, ZAE, etc.)

Le desserrement de l'activité logistique durant la dernière décennie | Mos 2021 (Institut Paris Région), Fond de carte IGN

Accéder à la carte dynamique.

Pour aller plus loin

L’État et la Région ont créé en 2024, un Observatoire régional du Fret et de la Logistique en Île-de-France (OFELIF) dont l’objectif est d’améliorer et partager la connaissance sur la filière logistique francilienne, notamment sur ses enjeux fonciers et immobiliers, particulièrement prégnants à l’heure du « zéro artificialisation nette » (ZAN) et de l’entrée en vigueur d’un nouveau schéma directeur de la Région Île-de-France (SDRIF-E).

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