Crue de 2016 : 10 ans d’action de l’Etat pour la prévention du risque d’inondation en Île-de-France
La crue de 2016
- sur Paris l’ampleur de la crue de 2016 correspond à un peu moins de 70 % du débit de la Seine pour une crue centennale de type 1910
- sur le bassin versant du Loing, la crue a largement dépassé la crue centennale de référence.
La crue de 2016 était relativement courte et estivale, ce qui a facilité le retour à la normale et limité les effets en souterrain via les nappes phréatiques.
La prévention du risque d’inondation en Île-de-France menée depuis 10 ans s’inscrit dans la stratégie inondation francilienne, pilotée par le Préfet de Région et le Préfet de Police et dont les collectivités compétentes en GEMAPI sont parties prenantes. La dernière stratégie a été arrêtée en 2024 par l’ensemble des préfets de la région.
Depuis 2016, l’État agit sur les différents volets essentiels de la prévention des inondations
Gouvernance
- Accompagnement des collectivités en charge de la GEMAPI depuis 2018. Sur le bassin versant du Loing et suite à la crue de 2016, l’État a instauré une dynamique collective, ce qui a aboutit à la création d’une seule collectivité compétente en GEMAPI sur le territoire : l’EPAGE du Loing.
- A travers le FPRNM (Fonds de prévention des risques naturels majeurs, souvent nommé Fonds Barnier), l’État finance dans le cadre de programmes d’action de prévention des inondations (PAPI), les actions menées par les collectivités de prévention des inondations : au total 91 millions d’euros de 2016 à 2026.
- L’État labellise ces PAPI qui permettent aux collectivités de structurer leurs démarches de prévention des inondations à l’échelle de bassins de risques cohérents. La majeure partie de la région est désormais couverte par des PAPI.
Amélioration de la connaissance
- Mise à disposition des Zones Inondées Potentielles établies par la DRIEAT qui représentent l’enveloppe maximale de la crue (information disponible sur Vigicrues.fr).
- Relevés sur le terrain de crues récentes et alimentation régulière de la plateforme nationale des repères de crues.
- Pilotage par l’État d’un travail rassemblant les différents opérateurs réseaux (transport, énergie, télécommunication, Eau et assainissement) ayant permis de définir des zones non inondées mais impactées par les dysfonctionnements des réseaux, publiées sur Cartoviz.
Cartoviz. permet à chaque Francilien de savoir s’il sera inondé et aussi s’il devra subir des interruptions des réseaux, qui rendront le vie quotidienne très difficile. Cette cartographie dynamique est unique en France.
Amélioration de la surveillance et de la prévision des crues
- Mise en œuvre du projet « Couverture totale » pour étendre le réseau de surveillance Vigicrues : ajout de la Mauldre, l’Yerres, le petit Morin et l’Almont fin 2025 puis bassins de l’Orge et de l’Essonne pour 2028-2030. La sécurisation des points de mesures disponibles sur Vigicrues a été largement renforcée.
Préparation à la gestion de crise
- 75 % des communes soumises à l’obligation d’un plan communal de sauvegarde (PCS) l’ont réalisé.
- Exercice HYDROS de gestion de crise effectué à l’échelle de la région en octobre 2025.
Prise en compte du risque dans l’aménagement
- Une charte d’engagement pour construire des quartiers résilients aux inondations a été signée en mars 2018 avec les principaux opérateurs de l’aménagement. Ses principes ont été utilisées en partie pour le quartier Seine Gare les Ardoines à Vitry.
Réduction de vulnérabilité
- Depuis 2021 et dans le cadre des PAPI, l’État accompagne financièrement la réalisation de diagnostics et travaux qui permettent de réduire la vulnérabilité des bâtiments : 150 000 € de subvention ont été versés pour financer des travaux sur des biens à usages d’habitation (par exemple installation de batardeaux ou élévation des compteurs) sur le bassin versant des Morin et dans l’Essonne.
- En 2025 un dispositif expérimental visant à mieux reconstruire après les inondations a été lancé sur des territoires inondés en 2024 et 2025. Plus de 900 diagnostics de biens à usage d’habitation ont été lancés par des collectivités dans ce cadre fin 2025 en Île-de-France.
- Dans le cadre du GT Fragilités des réseaux, l’État incite les opérateurs réseaux à réduire la vulnérabilité de leurs installations (plus de détail, notamment sur les actions d’ENEDIS).
Ralentir la dynamique de l’écoulement
- Renaturation des berges de l’Yerres à Villeneuve-Saint-Georges et restauration d’une zone humide : financement de 40 millions d’euros à 50 % par l’Agence de l’eau Seine-Normandie, sur le quartier Blandin au confluent de l’Yerres et de la Seine qui avait été fortement inondé en 2016 et 2018.
- Construction en cours de finalisation du casier pilote de la Bassée par l’EPTB SGL, autorisé le 1er décembre 2020 : ouvrage de stockage de 10 millions de m³ permettant de jouer le rôle d’écrêteur du niveau de la Seine, permettant d’abaisser jusqu’à 15 cm selon les crues, pour montant total de plus de 130 millions d’euros dont l’État finance la moitié.
Conforter les ouvrages de protection hydraulique
- Encadrement et surveillance des systèmes d’endiguement gérés par des collectivités compétentes en GEMAPI (41 systèmes d’endiguements et 25 aménagements hydrauliques autorisés à ce jour sur la région) : ces autorisations ont permis d’aboutir à une meilleure connaissance et un confortement des systèmes d’endiguement représentant un linéaire de près de 94 km de digues.
- Les travaux de prolongation de la digue de Sartrouville sur la commune de Montesson se sont achevés (ainsi que la création d’une zone humide de compensation associée), l’ensemble des digues étant intégrées dans le système d’endiguement Montesson/Sartrouville protégeant 3200 personnes pour une crue de période de retour d’environ 20 ans (débit naturalisé sans l’influence des Lacs de Seine).
Pour mémoire : les conséquences qu’aurait une crue majeure de type 1910
Une crue majeure, de type 1910, en Île-de-France aura d’importantes conséquences sur la région :
- plus d’un million de Franciliens vivront en zone inondée. Dans certains secteurs, l’eau restera pendant plusieurs semaines. En effet, si les crues de la Seine et de ses grands affluents surviennent assez lentement, elles sont aussi très lentes à s’évacuer
- plus d’un million supplémentaire de personnes, sans vivre dans des zones inondées, pourraient également être contraints d’évacuer en raison de dysfonctionnements des réseaux électriques et d’assainissement,
- même en restant chez eux, plusieurs millions de Franciliens vivront en condition dégradée pendant plusieurs jours à plusieurs semaines en raison de dysfonctionnements des autres réseaux : gaz, chaleur urbaine, eau potable, télécoms, transports en commun
- les dommages directs pourraient représenter entre 30 et 42 milliards d’euros.
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