Une charte pour construire des quartiers résilients
Pourquoi une charte Quartiers Résilients ?
Sans adaptation des bâtiments et quartiers, des difficultés à rester chez soi
Plus de un million de franciliens vivent en zone inondable auxquels s’ajoutent également plus d’un million de personnes situées en zone non inondée mais qui subiront des dysfonctionnements des réseaux essentiels (électricité, gaz, chauffage, assainissement, alimentation en eau potable, téléphonie et transports publics) dégradant leurs conditions de vie ou même imposant une évacuation pendant plusieurs semaines. La Métropole du Grand Paris est le territoire concentrant le plus d’enjeux inondables.
Dans certains quartiers fortement exposés, les habitants ne pourront pas rester sur place longtemps dès lors que les réseaux d’assainissement et électriques ne fonctionneront plus. Les bâtiments inadaptés seront imbibés pendant des semaines, endommagés durablement, certaines habitations resteront difficiles voire impossibles à occuper à la fin de l’inondation.
Au vu du nombre de personnes concernées et la durée probable des submersions qui pourra être de plus de 2 mois, l’évacuation massive de la Métropole pendant plusieurs semaines sera difficile à organiser et à vivre pour les franciliens exposés. Après la décrue, la remise en fonctionnement des infrastructures, réseaux et vie de la cité prendra encore plus de temps et les coûts de la crue seront colossaux, estimés entre 30 et 42 milliards d’euros en ne tenant compte que des dommages directs.
Adapter les quartiers et bâtiments en zone inondable, c’est permettre de maintenir sur place une partie de la population dans des conditions de vie les moins dégradées possible et donc de limiter le nombre de personnes à évacuer. Travailler à la résilience du territoire, c’est également chercher à faciliter le retour à la normale en écourtant le délai de retour des citoyens dans leurs logements et celui de reprise de l’activité économique et réduire les dommages subis par les biens.
Le renouvellement urbain comme opportunité
Dans la région Île-de-France, l’évolution du parc de logement et des activités s’inscrit aujourd’hui essentiellement dans le cadre d’un processus de renouvellement du tissu urbain existant.
Face au risque, la meilleure réponse serait d’éviter de construire ou de reconstruire en zone inondable. Toutefois, selon l’Institut Paris Région, depuis le début des années 2000, période à laquelle ont été mis en œuvre les premiers Plans de prévention des risques d’inondation (PPRI) en Île-de-France, plus de 103 000 logements ont été construits/livrés en zones inondables (aléas PPRi). Ce parc récent représente aujourd’hui plus de 18,6 % des logements potentiellement exposés ; il se caractérise par la part très significative (93,3 %, 96 150 logements) de l’habitat collectif.
Cette évolution du parc de logements en zones inondables s’inscrit aujourd’hui essentiellement dans le cadre des processus de densification (tissus de l’habitat) et de mutation du tissu urbain (requalification de friches industrielles ou d’activités) liés à la recomposition de la zone dense. Confrontée à la forte demande de logements, à la rareté des espaces disponibles et à la pression foncière, la requalification de nombreux territoires passe, dans un contexte de désindustrialisation progressive, par la mutation d’anciens sites industriels et la reconstruction de zones d’habitat et d’équipements. Plusieurs centaines d’hectares sont concernés en Île-de-France, mais une grande partie de cette offre foncière, notamment en proche couronne, s’inscrit le long de la voie d’eau, sur les sites historiques du développement industriel.
Ce renouvellement urbain est une opportunité de modifier les quartiers anciens exposés aux inondations pour les rendre plus résilients et de réfléchir ainsi sur leurs moyens d’accès hors d’eau, le niveau des espaces habitables, la protection de leur alimentation en énergie et en eau, à leur assainissement… Il s’agit de permettre au quartier d’être inondé tout en pouvant y continuer à vivre, ou dans une moindre mesure, à pouvoir être remis en état rapidement.
Les objectifs de la Charte et ses outils
Le préfet de la Région Ile-de-France et le préfet de police de Paris ont signé le 5 mars 2018, une charte des quartiers résilients face aux inondations avec les principaux opérateurs opérateurs franciliens de l’aménagement urbain ainsi que des collectivités du cœur d’agglomération.
- Mieux tenir compte du risque d’inondation dans les projets de renouvellement urbain dans le but de ne pas augmenter la vulnérabilité des territoires exposés au risque d’inondation et de protéger les vies humaines. Cette Charte vise uniquement les zones inondables constructibles.
- Proposer des solutions urbaines d’intégration du risque d’inondation en lien avec la réglementation existante
- Décloisonner les acteurs de la gestion du risque d’inondation et ceux de l’aménagement du territoire.
Elle fournit une méthode et un tableau d’accompagnement pour prendre en compte le risque d’inondation dans l’aménagement d’un quartier.
La charte et ses outils
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Charte des quartiers résilients pdf - 2.6 Mio
(mise à jour des signataires : nov 2018)
Des principes qui peuvent être déclinés dans les documents d’urbanisme
La politique d’aménagement des territoires, élément clé de leur résilience face aux risques d’inondation, est avant tout une compétence des collectivités locales.
Des plans de prévention des risques d’inondation (PPRI), couvrant les principaux cours d’eau d’Ile de France, ont été élaborés par l’Etat et réglementent les possibilités de construction ou d’aménagements dans les secteurs exposés au risque. Ces plans ne prennent généralement en compte que l’aléa inondation par débordement.
Afin de dépasser les limites des PPRI, la stratégie inondation francilienne, conformément aux dispositions du plan de gestion des risques d’inondation (PGRI) du Bassin Seine-Normandie, incite les collectivités locales à une prise en compte ambitieuse dans leurs documents d’urbanisme (SCoT et PLU(i)) des risques d’inondation liés au débordement des cours d’eau et au ruissellement des eaux pluviales.
Dans cette optique, les principes énoncés dans la charte Quartiers Résilients peuvent inspirer des Orientations d’aménagement de programmes ou des dispositions du règlement du PLUi.
La prise en compte des inondations dans l’aménagement du territoire fait l’objet de plusieurs guides et outils répertoriés dans un article dédié.
En outre, la DRIEAT a expertisé les PLUi en vigueur au 1er août 2025 afin de relever les points positifs et les axes d’amélioration pouvant être mobilisés pour les PLUi dont l’élaboration ou la révision sont prochainement envisagées (indicateur orientation stratégique 4.3 de la Stratégie inondation francilienne). L’article Planifier l’aménagement d’un territoire pour le rendre plus résilient aux crues et aux fortes pluies restitue les résultats de cette analyse.
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