La prévention des inondations en Ile-de-France

L’Ile-de-France est une région inondable dans sa très grande majorité.

L’Ile-de-France est une région inondable :

  • Plus d’un million de franciliens vivront en zone inondée. Dans certains secteurs, l’eau restera pendant plusieurs semaines. En effet, si les crues de la Seine et de ses grands affluents surviennent assez lentement, elles sont aussi très lentes à s’évacuer
  • Plus d’un million de Franciliens situés en zone non-inondée subiront des dysfonctionnements des réseaux essentiels (électricité, gaz, chauffage, assainissement, alimentation en eau potable, téléphonie et transports publics) dégradant les conditions de vie ou même imposant une évacuation,
  • les dommages directs représenteront entre 30 et 42 milliards d’euros.
  • la crue de mai juin 2016 a coûté selon les assureurs 1,5 milliard d’euro. Elle n’était centennale que sur le Loing.
crédit photo : Arnaud Bouissou-Terra

Des crues lentes pour les grands cours d’eau

Sur les grands cours d’eau comme la Seine ou la Marne, les crues sont dites "lentes". Les prévisions donnent de 24h à 72h pour s’y préparer.
En revanche, les impacts peuvent prendre plusieurs mois à plusieurs années avant un retour à la normale.

Des petites rivières plus réactives

Sur les petites rivières, l’inondation est de nature différente. Les crues sont plus rapides, souvent provoquées par le ruissellement (en cas de pluie intense), lui-même aggravé par l’imperméabilisation des sols et le dérèglement climatique. Les infrastructures souterraines peuvent être soumises aux inondations via les remontées de nappe.

Comment réduire la vulnérabilité aux inondations

Les crues de mai-juin 2016, 2018 et 2024 ont permis de faire avancer des projets, de faciliter la prise de décision et surtout de faire prendre conscience de la vulnérabilité de la région Ile-de-France face à ce risque.

Face aux inondations, comme face à tous les risques naturels, il n’est pas question de les éliminer, mais de réduire leur impact.
Pour cela, la DRIEAT côté État, et tous les acteurs, travaillent dans trois domaines ;

  • la réduction de l’aléa : il s’agit de faire en sorte que le niveau de l’eau monte le moins possible.
    Cela passe par la construction et l’entretien des ouvrages, comme les digues ou les murettes. Des ouvrages contrôlés par l’État mais sous la responsabilité des collectivités.
    Cela passe aussi par ce que l’on nomme l’hydraulique douce, c’est à dire laisser à l’eau sa capacité à déborder et à trouver sa place naturellement. Cela signifie lutter contre l’imperméabilisation des sols, sauvegarder de zones d’expansion des crues (rétention naturelle), ou encore préserver des zones humides.
    La zone de la Bassée dans le sud de la Seine et Marne est l’une des dernières zone d’expansion majeure en Ile de France.
  • la réduction de la vulnérabilité : il s’agit là de réduire au maximum les dégâts potentiels des inondations.
    Concernant les bâtiments existants, il s’agit de réaliser quelques travaux pour les rendre plus résistants face aux inondations (pose de batardeaux, sécurisation électrique, rehausse de la chaudière, pose de clapet anti-retour dans les tuyauteries, etc.). Grâce à ces travaux, les bâtiments seront moins endommagés par la crue et le retour à la normale sera plus rapide.
    Concrètement, et c’est une difficulté majeure dans une région en expansion, il faut tenter de maîtriser l’urbanisation avec l’édiction de règles d ‘urbanisme pour construire un immeuble ou un bâtiment en zone inondable.
    Les zones inondables en Île-de-France sont dotées de Plans de prévention des risques inondation (PPRI), qui disent là où il est possible de construire ou pas, et plus généralement imposent des dispositions constructives permettant de réduire la vulnérabilité du bâti en zone inondable. Il en existe 30 en Île-de-France.
    Une autre solution consiste à construire des quartiers résilients, qui vivent avec l’inondation : passerelle pour accéder aux habitations, absence de construction en rez-de-chaussée…
  • la gestion de la crise  : quand l’inondation est là, le rôle des maires et de l’État est de gérer la crise pour mettre les personnes à l’abri. La DRIEAT a en charge la prévision des crues, Des référents départementaux inondations (RDI) sont en charge de conseiller les préfets. La plupart d’entre eux sont des agents de la DRIEAT ou des DDT, spécialiste de la prévention des risques. Dans chaque commune située en zone inondable il existe un plan communal de sauvegarde.

Des travaux pour réduire l’aléa inondation

  • Dans la réduction des aléas :
    Les travaux sur la réfection de la vanne secteur de Joinville-le-Pont ont été engagés pour un budget de 3 M€. En cas de crue importante de la Marne, l’abaissement de cette vanne permet de gagner plusieurs dizaines de centimètres sur l’amont Marne de la confluence Seine/Marne.
    La digue de Montesson
    5,5 M€ ont été consacrés au prolongement de la digue de Sartrouville sur la commune de Montesson. Tous ces travaux sont financés dans le cadre du programme d’actions pour la prévention des inondations (PAPI) signé entre l’État et les collectivités pour 2017-2020. Il comporte un programme d’actions de 85 millions d’euros au total.
  • Dans la réduction de la vulnérabilité :
    On estime que plus de 12 millions de m² SHON de nouveaux logements, équipements publics sont programmés en zones d’aléas des PPRI pour les 10 prochaines années.
    Bâtir des quartiers résilients n’est pas encore un réflexe pour les aménageurs construisant en zone inondable constructible, alors que s’adapter au risque du fleuve est essentiel, malgré des initiatives pilotes (quartier des Ardoines porté par l’EPA ORSA).
    La DRIEAT a concentré son effort sur les nouveaux logements et la rénovation urbaine en élaborant une charte « des quartiers résilients » avec les aménageurs et les services compétents au niveau régional. L’objectif étant que tous les grands aménageurs franciliens s’engagent à respecter les principes décrits dans la charte « concevoir des quartiers résilients ».
  • Dans la gestion de la crise :
    • une meilleure prévision des crues,
    • la mise place des bulletins d’alerte Vigicrues flash pour les communes, permettant de disposer d’alertes sur la base des précipitations constatées pour des cours d’eau non surveillés par le réseau Vigicrues, qui se concentre sur les plus importantes rivières.
    • l’identification les réseaux vulnérables : l’une des difficultés en cas de crue c’est de savoir quels réseaux de transports, d’assainissement ou électriques vont être touchés.

Les travaux sur les réseaux structurants

Après la crue de mai-juin 2016, Enedis a ainsi engagé des investissements qui permettront de préserver son patrimoine (postes sources) en cas de crue ; en revanche cela n’empêchera pas les coupures dans la zone inondée dans la mesure où il est nécessaire de couper les installations électriques pour éviter les électrocutions. Ces investissements permettront en revanche, à l’horizon 2025, de sécuriser l’approvisionnement de 90 % des clients coupés non inondés dans un scénario centennal.
L’action de la DRIEAT sur cette thématique est en deux volets : la réalisation de PPCI (plans de prévention contre les inondations) sur Paris par ces opérateurs et la signature de la déclaration d’intention par laquelle les gestionnaires se sont engagés à réduire la vulnérabilité de leurs réseaux. Les PPCI de la RATP, ENEDIS et la CPCU (compagnie parisienne du chauffage urbain) ont été réalisés.
Une carte dynamique et interactive issue de ces travaux permet au grand public de se rendre compte si son lieu de résidence sera inondé et si même en restant au sec, cette adresse connaitra des problèmes de réseaux d’eau, d’électricité, d’assainissement…

Les outils nécessaires à la déclinaison de ces différents domaines s’appuient sur différentes cartographies dont les principales caractéristiques sont reprises dans les fiches suivantes :

  • Plus Hautes Eaux Connues (PHEC) : La carte des plus hautes eaux connues représente les niveaux atteints par un cours d’eau lors de la plus forte crue historique observée.
  • Cartes d’aléas des Plans de Prévention des Risques Inondation (PPRI) : Élaborées par l’État, les cartes des plans de prévention des risques d’inondation délimitent les zones exposées au risque d’inondation (carte d’aléa non-opposable) et réglemente l’urbanisme (zonage réglementaire est une servitude d’utilité publique).
  • Scénarios de crue : Dans le cadre de la disposition spécifique ORSEC zonale, des cartes représentant plusieurs scénarios de crue ont été établies par modélisation hydraulique avec les débits des crues suivantes :
    - janvier 1910 pour le bassin de la Seine (crue centennale),
    - janvier 1995 pour la partie amont de l’Oise. Des coefficients, variant de 0.6 à 1.15, permettent de modéliser et cartographier une collection de crues d’amplitude croissante. Par exemple, le scénario R0.6 correspond à 60% du débit observé lors de la crue de référence. Ces cartes servent à la préparation de la gestion de crise.
  • Zones inondées par classes de hauteurs : Ces cartographies sont élaborées en croisant les scénarios ORSEC avec la hauteur du terrain naturel, permettant d’obtenir la hauteur d’eau en tout point de la zone inondées. Ces cartes servent également à la préparation à la gestion de crise au niveau local.

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